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Mont-EVRA (Montagnes du Passé, Montagnes du Présent : Espaces Vécus, Rêvés, Appropriés)
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L’équipe est composée d’une archéologue (S. Bochaton, MCF en archéologie médiévale à l’UT2J), d’une historienne (C. Weber-Pallez, MCF en histoire de Grèce antique à l’UY2J) et d’un géographe (S. Guyot, professeur de géographie à l’université Bordeaux Montaigne). Deux terrains de recherches ont été sélectionnés, la vallée d’Aoste (IT) et le Péloponnèse (GR), qui correspondent aux deux nouveaux terrains de recherche de S. Bochaton et de C. Weber-Pallez.
Deux rencontres scientifiques ont été organisées à Toulouse en 2025, ainsi qu’une exposition de peinture sur les montagnes. Initialement prévu pour durer une année (2024-2025), le programme est prolongé en 2026. Une nouvelle rencontre scientifique a lieu à Toulouse en mai 2026.
Mont-EVRA 1 : année 2025
Premières rencontres scientifiques à Toulouse (26 & 27 mars)
Le programme a débuté en mars 2025 par la tenue d’une première rencontre intitulée Penser, imaginer et rêver sa montagne de l'antiquité à nos jours. Ces journées d’études interdisciplinaires visaient à remettre en cause la définition presque essentialiste de la montagne dans les sociétés occidentales, souvent résumée à quelques caractéristiques :
- une altitude,
- un climat qui lui est propre,
- une économie pastorale ou touristique
En multipliant les angles d’approche (histoire, archéologie, géographie, linguistique, sociologie), de la montagne définie scientifiquement à la montagne vécue par ses habitants, les quatorze participants et participantes ont recherché les représentations de tous les acteurs qui décrivent la montagne.
De l’Antiquité à aujourd’hui, ils ont interrogé la richesse de ces sémiosphères, en posant une question simple : qu’est-ce qui faisait et fait montagne ? Le parcours chronologique de ces rencontres a également permis d’aborder l’idée d’une évolution de ces définitions.
Les humains ont toujours rêvé leurs montagnes, quand bien même ils ne la décrivaient pas avec des critères esthétiques. Rêver sa montagne, c’est aussi l’imaginer telle qu'on la voudrait pour soi ou pour sa communauté, en fonction de ses acquis, de son éducation, de ses moyens, mais aussi de son rapport au monde. Le rêve peut toutefois tourner en cauchemar : entre les peurs d’hier et les angoisses d’aujourd’hui, les participants tenteront de retrouver les sens convoqués dans l’appréhension passée et présente de la montagne.
Ces journées ont compris deux événements culturels rendus possibles grâce au soutien de la Commission Culture et de l’UFR Histoire, Arts et Archéologie et ouverts à tous.tes :
- une exposition sur les montagnes de l’artiste Alain Fraboni intitulée (Dé)peindre les montagnes (24 mars-11 avril, https://alainfraboni.blogspot.com),
- la présentation du livre Atlas poétique des montagnes grecques (2023, éditions Anavasi) de Sylvain Guyot dans les locaux de notre partenaire, le Centre de Ressources Olympes de Gouges (CROG).
Figure 1 : Présentation de l’ouvrage Atlas poétique des montagnes grecques par Sylvain Guyot (université Bordeaux Montaigne, UMR 5319 Passages). Discutante : Clémence Weber-Pallez (UT2J, EA 4601 PLH). © S. Bochaton.
Figure 2 : L’exposition dans le CROG. © Alexandre Meunier.
Premier séminaire de terrain dans les montagnes du Péloponnèse (Grèce, 19-24 avril)
Figure 3 : L’Arcadie centrale © C. Weber-Pallez.
Le séjour a eu lieu du 19 au 24 avril 2025. Il ciblait deux milieux montagneux du Péloponnèse, le Chelmos (Χελμός), dans la région de l’Achaïe, et l’Arcadie centrale autour de Dimitsana, et avait différents objectifs :
- regrouper les connaissances antiques de ces espaces (travail à la bibliothèque de l’École française d’Athènes, C. Weber-Pallez),
- répertorier et décrire les différents sites archéologiques (ex : sanctuaire d’Artémis Héméra à Lousoi), C. Weber-Pallez,
- répertorier les “hauts-lieux” et s’interroger sur l’évolution de leurs réticularités (mise en réseaux) spatio-temporelles (S. Guyot),
- s’interroger sur les représentations qu’ont les acteurs et actrices locaux de ces milieux montagneux (S. Bochaton, S. Guyot, C. Weber-Pallez).
Figure 4 : Vue septentrionale du Chelmos © C. Weber-Pallez.
Pour ce faire, trois entretiens ont été réalisés dont deux intégralement filmés :
- Dr Maria Tsoni, géologue, du Geopark Chelmos/Vourakos, à Kalavryta (https://www.europeangeoparks.org),
- Frère Nektarios, moine orthodoxe du nouveau monastère de Filosophou,
- Eftichia Bouka, qui travaille à la ferme associative de Psari Trikolonon Gortynia.
Figure 5 : Entretien filmé avec Dr Maria Tsoni à l’office de tourisme de Kalavryta, le 22 avril 2025. © S. Bochaton.
Figure 6 : Marketing territorial in-situ pour la station de ski de Kalavryta, mise en abyme touristique d’un haut-lieu montagnard grec contemporain. © S. Guyot.
Un travail de cartographie antique de ces espaces est également en cours (C. Weber-Pallez, F. Delrieux).
Figure 7 : Brouillon de la carte des reliefs de l’Azanie antique (actuelle Kalavryta). © C. Weber-Pallez, F. Delrieux.
Figure 8 : La labellisation Géoparc Unesco dans le massif du Chelmos comme mode de reconnaissance environnementale institutionnalisée d’un haut-lieu montagnard. © S. Guyot.
Seconde rencontre scientifique à Toulouse (14 mai 2025)
Sur le thème Vivre en montagne d’hier à aujourd’hui, cette journée d’étude a réuni six participantes et participants : des archéologues (la préhistorienne Louise Derbord, doctorante à l’UT2J, et l’antiquisante Alice Ognier, doctorante à l’université Bordeaux Montaigne), des historiens moderniste (Stéphane Gal, université Grenoble Alpes) et contemporanéistes (Francesca Sanna, UT2J, et Luigi Lorenzetti du Laboratorio di Storia delle Alpi en Suisse italienne) et la géographe Isabelle Sacareau (université Bordeaux Montaigne). Le but était de confronter les définitions et imaginaires autour de la montagne aux réalités de terrain et de la vie quotidienne, c’est-à-dire mêler les « représentations et les pratiques sociales » comme invitait à le faire Alain Corbin (historien) pour voir si les unes et les autres s’opposent ou se complètent.
Second séminaire de terrain dans la vallée d’Aoste (2-5 juillet)
La vallée d’Aoste, région autonome francophone située au nord-ouest de l’Italie et dans les Alpes occidentales, a été choisie pour sa situation géographique en plein cœur des Alpes et pour se trouver à proximité du col du Grand-Saint-Bernard, situé à 2469 m d’altitude, qui est l’un des terrains de recherche de S. Bochaton.
Trois entretiens ont été organisés avec des personnes vivant et travaillant dans la région valdôtaine et ses abords. Comme pour le séminaire de terrain en Grèce, nous avons interrogé une responsable d’institution de protection et de promotion du patrimoine naturel, un acteur du territoire et un religieux :
- Luisa Vuillermoz, directrice de la Fondation Grand Paradis (Cogne, IT)
- Patrick Perret, historien de l’art et guide conférencier (Vallée d’Aoste, IT)
- José Mittaz, chanoine régulier et prieur par intérim de l’hospice du Grand-Saint-Bernard (Bourg-Saint-Pierre, CH)
Ensemble, nous avons pu évoquer des sujets d’actualité tel que le surtourisme, le futur des populations montagnardes, la spiritualité de montagne ainsi que l’avenir de la congrégation des chanoines réguliers du Grand-Saint-Bernard, fondée au cours de la première moitié du XIIe siècle, mais qui fait face à la chute des vocations religieuses alors même que les visiteurs sont de plus en plus nombreux.
En parallèle, S. Bochaton a pu rencontrer trois personnes travaillant dans la vallée d’Aoste et membres de la société savante Saint-Anselme dans le but de préparer son futur terrain de recherche :
- Françoise Rigat, professeure de linguistique à l’université de la Vallée d’Aoste,
- Omar Borettaz, responsable du fond valdôtain de la bibliothèque régionale d’Aoste ,
- Luca Jaccod, responsable de la bibliothèque diocésaine d’Aoste.
Figure 9 : Journée au col du Grand-Saint-Bernard (entre le Valais suisse et la vallée d’Aoste italienne) : entretien avec José Mittaz, c. r. b., visite de l’hospice et du col. © S. Bochaton.
Figure 10 : Entretien avec Patrick Perret à Aoste. © C. Weber-Pallez.
Mont-EVRA 2 : année 2026
L'obtention d'un nouveau financement de la part de la Maison des Sciences humaines et sociales de Toulouse (appel à projet Workshop 2026) permet d'organiser une nouvelle rencontre scientifique qui aura lieu à Toulouse les 18 & 19 mai 2026. Nous nous appuierons sur une notion épistémologique solidement ancrée en géographie, mais encore délaissée par les autres disciplines de sciences humaines : les hauts lieux (voir Bedard 2002, Debarbieux 1993 et 2025). Il s'agira d'appliquer ce concept de haut lieu, qui définit un lieu localisé de manière effective ou allégorique en hauteur et dont la fonction mémorielle s'inscrit sur le long terme (souvent de l'Antiquité à nos jours), aux disciplines déjà présentes au sein de Mont-EVRA (archéologie, histoire, géographie). Il s'agira à la fois d'enrichir ce concept et de s'interroger sur la patrimonialisation des espaces montagneux de l'Antiquité à nos jours en insistant sur leur sédimentation entre des échelles de temps et d'espace. Au-delà de la portée monographique incontestable de tel ou tel haut lieu, nous souhaitons réfléchir la question de la réticularité (mise en réseau) des hauts lieux, à plusieurs échelles, par exemple au sein d'un même massif montagnard comme le Péloponnèse ou encore entre plusieurs haut lieux appartenant à des massifs, parfois localisés dans des pays différents.Workshop inaugural
Les 28 & 29 janvier, S. Bochaton, C. Weber-Pallez et S. Guyot se sont retrouvés à Toulouse pour un Workshop inaugural qui visait deux objectifs : traiter les données issues des séminaires de terrain, et notamment des entretiens, afin de les présenter lors de la rencontre de mai, puis commencer à organiser cet évènement.Participant·e·s
Sylvain GUYOT (PU Université Bordeaux Montaigne/PASSAGES)