Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608 T.R.A.C.E.S

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Géographie humaine et changements environnementaux du Dernier Maximum glaciaire au Postglaciaire


Coordinateurs
: Caroline Renard, Jean-Marc Pétillon, Camille Bourdier, Clément Ménard

Une part importante de nos travaux porte sur la période 26000-12000 cal BP, une phase d’instabilité climatique où les données archéologiques et environnementales présentent une résolution chronologique assez précise par rapport aux époques antérieures. De ce fait, il s’agit de la plus ancienne période où l’on peut explorer les rapports entre changements environnementaux et sociétés humaines, en particulier le poids du déterminisme environnemental dans l’évolution des chasseurs-collecteurs. Quelles sont les réponses des biocénoses aux événements climatiques et comment les sociétés s’y ajustent-elles ? Y a-t-il des adaptations rapides, des décalages, des résiliences ? Notre principal terrain est ici le sud-ouest européen, en particulier le bassin aquitain et ses marges. Abondantes et précises, les données disponibles pour une période allant du Gravettien récent à la fin du Paléolithique supérieur font de cette zone un laboratoire où les modèles seront élaborés et les hypothèses testées. Étudier l’impact des mêmes phénomènes globaux dans des milieux très différents permettra également d’aborder la diversité des adaptations et solutions adoptées, en particulier dans les systèmes techniques. Les recherches en Asie et en Afrique bénéficieront des avancées méthodologiques des travaux européens et permettront d’appréhender des régions où l’impact des phénomènes climatiques fut différent. Plus globalement, les terrains extra-européens permettront d’envisager à large échelle les relations entre dynamiques de peuplement et modification des espaces habitables, ainsi que le développement de solutions techniques similaires.
 

Figure 1 : Du Solutréen récent au Badegoulien : différenciation régionale versus unité géographique des cultures matérielles (réalisation S. Ducasse et C. Renard).
 
Ce thème sera développé via le prisme de la géographie humaine. Il s’agira en particulier d’identifier des moments de « désertification » de certaines zones et d’en identifier les causes ; et, inversement, de réfléchir aux effets des accroissements démographiques sur la composition des groupes et les stratégies de mobilité.

Trois axes permettront de décliner ces questions :

1) Le paysage et son influence sur l’occupation des territoires. Y a-t-il des conditions environnementales rédhibitoires pour l’installation et la circulation des groupes ? Plusieurs cas d’étude ont ici livré des résultats contrastés : indices d’une désertification des steppes girondines au Magdalénien moyen récent (due au climat et à la topographie ?) ; relativisation de l’absence du Badegoulien récent dans les Pyrénées (lacune due à l’ancienneté des travaux et à des phénomènes post-dépositionnels ?) ; discussion du rôle de la vallée du Rhône comme frontière naturelle (d’où des trajectoires culturelles distinctes de part et d’autre ?) tandis que les Pyrénées ne semblent pas faire barrière aux échanges socioculturels.

2) Faunes chassées, faunes disponibles et leur impact sur la mobilité des populations.
La résolution des données disponibles pour la région Aquitaine - Midi-Pyrénées en fait un secteur d’étude privilégié pour étudier l’impact des changements de faune sur les sociétés humaines et leur système de mobilité.
 
Figure 2 : Cortèges fauniques d’ensembles du Magdalénien moyen d’une part et de l’Azilien et du Laborien d’autre part (d’après Costamagno et al. 2016, modifié)

3) Rythme et synchronicité des changements techniques, symboliques et environnementaux. Les changements dans les systèmes techniques et symboliques reflètent-ils les variations du milieu externe ? Comment, alors, expliquer les asynchronies dans l’évolution des productions lithiques et osseuses, la stabilité des sources d’approvisionnement en matières siliceuses? Même si ces éléments suggèrent un peuplement continu, des restrictions de population ont pu se produire et entraîner des changements dans les productions. Quelles seront alors les conditions de la perduration d’un système technique et d’une tradition symbolique (apprentissage et transmission) ?



Figure 3 : Deka Wede, Ethiopie (cliché C. Ménard).

 

 
Mise à jour : janvier 2016


 

 

 

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