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Aterian shell beads from the coastal site of El Mnasra Cave
Une publication initiée par E. Campmas
Une équipe internationale de scientifiques conduite par Emilie Campmas†, de l’UMR TRACES, à l’Université de Toulouse Jean-Jaurès, et Matthieu Lebon, de l’UMR HNHP, au Muséum national d’Histoire naturelle, révèle aujourd’hui dans la revue PLOS One la mise au jour, dans la grotte marocaine d’El Mnasra, de 281 coquilles marines utilisées il y a environ 100 000 ans par Homo sapiens comme éléments de parures. Cette découverte, exceptionnelle par la quantité d’éléments retrouvés et par la diversité des traces de façonnage et d’utilisation observées, permet de comprendre comment nos ancêtres collectaient, préparaient et portaient ces premiers « bijoux » de l’humanité, et de mieux appréhender la diversité des expressions symboliques au coeur des très anciennes sociétés paléolithiques d’Homo sapiens.
Référence :
Emilie Campmas, Matthieu Lebon, Catherine Dupont, Manon Bondetti, Eslem Ben Arous, Arnaud Lenoble, Driss Chahid, Pierre Lozouet, Ludovic Bellot-Gurlet, Mohamed Abdeljalil El Hajraoui, Roland Nespoulet, Aterian shell beads from the coastal site of El Mnasra Cave (Rabat-Témara, Morocco): Specificities of the north African MSA personal ornaments, Plos one (2026) DOI : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0338785
Un hommage à Émilie Campmas
La co-première autrice de cet article, Émilie Campmas, a été emportée par un cancer en 2019 à l’âge de 35 ans. Chercheuse au CNRS à Toulouse (UMR TRACES), elle développait des problématiques de recherche innovantes, notamment au Maghreb. Avec la mise en évidence de l’exploitation du milieu côtier et des ressources littorales par les populations du Middle Stone Age et du Late Stone Age ayant peuplé les côtes marocaines, Émilie s’apprêtait à interroger le degré de variabilité des comportements humains dans différents types d’environnements et leur impact sur l’organisation socio-économique des chasseurs- cueilleurs préhistoriques. Dynamique et ouverte, elle participait à de nombreux programmes de recherche, en tant que membre active, mais aussi comme coordinatrice. Elle était très appréciée, notamment pour son intégrité scientifique, sa gentillesse et son sens du collectif. Ses co-auteurs tiennent à saluer son parcours scientifique, riche et stimulant intellectuellement, qui les a inspirés pour poursuivre la dynamique de recherche passionnante qu’elle avait initiée. En 2021, un colloque international a été organisé pour saluer son parcours. Créée en 2020, l’association Emilie Campmas (AssEmCa) décerne chaque année un prix à une jeune chercheuse ou un jeune chercheur en archéologie, et développe des projets « Art et Science » tournés vers le grand public.