Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608 T.R.A.C.E.S

le 5 juillet 2018

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Proteomic and metagenomic insights into prehistoric Spanish Levantine Rock Art

Clodoaldo Roldán, Sonia Murcia-Mascarós, Esther López-Montalvo, Cristina Vilanova & Manuel Porcar

The Iberian Mediterranean Basin is home to one of the largest groups of prehistoric rock art sites in Europe. Despite the cultural relevance of prehistoric Spanish Levantine rock art, pigment composition remains partially unknown, and the nature of the binders used for painting has yet to be disclosed. In this work, we present the first omic analysis applied to one of the flagship Levantine rock art sites: the Valltorta ravine (Castellón, Spain). We used high-throughput sequencing to provide the first description of the bacterial communities colonizing the rock art patina, which proved to be dominated by Firmicutes species and might have a protective effect on the paintings. Proteomic analysis was also performed on rock art microsamples in order to determine the organic binders present in Levantine prehistoric rock art pigments. This information could shed light on the controversial dating of this UNESCO Cultural Heritage, and contribute to defining the chrono-cultural framework of the societies responsible for these paintings.

Référence :
Clodoaldo Roldán, Sonia Murcia-Mascarós, Esther López-Montalvo, CristinaVilanova and Manuel Porcar: «Proteomic and metagenomic insights into prehistoric Spanish Levantine Rock Art». Scientific Reports volume 8, Article number: 10011 (2018) https://doi.org/10.1038/s41598-018-28121-6



Les artistes de l’art Levantin : étaient-ils des bergers ? Identification de caséine dans les pigments levantins par des technologies omiques.


Le laboratoire TRACES UMR 5608 en collaboration avec l’Université de Valence (Espagne) ont appliqué pour la première fois des technologiques omiques, fondées sur les analyses d’ADN et des protéines, pour identifier des agents organiques et les communautés bactériennes dans les pigments de l’art rupestre Levantin. Les résultats de cette recherche, publiés dans le journal Scientific Reports of Nature, fournissent des arguments clés qui permettent de repenser la chronologie de ces peintures préhistoriques.

Mots clés : Art Levantin, Néolithique, Protéomique, Métagénomique, pigments

L’art Levantin est une manifestation graphique unique à l’échelle de la préhistoire européenne qui a été classée par l’Unesco au Patrimoine mondiale. Plus d’un millier d’abris ornés ont été documentés à ce jour le long du basin méditerranéen ibérique. Sa forte composante naturaliste et narrative fait de cet art une « source historique » qui nous permet de mieux comprendre les activités sociales et économiques des sociétés auteures. Malgré ce potentiel d’information, la chronologie des peintures levantines reste inconnue et fait l’objet d’un fort et long débat. La difficulté d’identifier et de caractériser la matière organique composant les pigments, du à la dégradation et l’érosion des supports, n’a pas permis pour l’instant d’obtenir de datations absolues par le radiocarbone.
Afin de combler ces lacunes, notre projet a eu pour but l’identification des agents agglutinants organiques utilisés dans les pigments levantins, ainsi que des communautés bactériennes du site orné de Coves de la Saltadora (Castellón, Espagne), un des abris ornés emblématiques de cette tradition graphique. Pour ce faire, des techniques protéomiques et métagénomiques ont été testées pour la première fois.
Des peptides de caséine d’origine bovine ont été identifiés par l’analyse protéomique des micro-échantillons des pigments. Cette identification permet de proposer l’utilisation du lait animal comme agglutinant lors de la préparation des pigments, ce qui suggère d’avantage que les sociétés responsables de ces peintures pratiquaient déjà l’élevage. La présence de caséine peut être ainsi considérée comme un marqueur chronologique relatif, qui place, au moins une partie de la séquence Levantine, au Néolithique (à partir du 5600 cal. a.C).
Ces résultats sont très intéressants car, d’une part, ils contribuent au débat sur la chronologie de l’art Levantin, considéré pendant longtemps comme un art propre de chasseurs-cueilleurs, et favorisent en même temps l’obtention ultérieure de datations par le radiocarbone à partir de la matière organique détectée. Et d’autre part, l’identification des agglutinants nous permet de mieux comprendre le processus d’élaboration des pigments et de caractériser la complexité technique de ces peintures.
Concernant les analyses métagénomiques, elles ont fourni une première description des communautés bactériennes qui ont colonisé le support calcaire de Coves de la Saltadora. Contrairement à ce que l’on pensait, ces bactéries ont développé plutôt un rôle de protection des peintures.
Ce travail s’encadre dans le programme « NEOSOCWESTMED » (Nº628428) des Marie Curie Actions de la Communauté Européenne, et il a été partiellement financé par le laboratoire TRACES UMR 5608 dans le cadre des appels d’offre « Projet Émergent 2016».

 Voir l'article de presse sur le site de l'InEE : http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/b388.html

 


 

 

 

 



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