Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608 T.R.A.C.E.S

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Missions archéologiques en Égypte



Intitulé : Douch, l’occupation préhistorique de l’Oasis de Kharga à l’Holocène dans son cadre environnemental.
Responsables : Béatrix MIDANT-REYNES, Directeur de Recherches émérite au CNRS (UMR 5608, TRACES), Directrice de l'Ifao de 2010 à 2015 ; François BRIOIS, Maître de Conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur de la mission (UMR 5608, TRACES).
Ce programme est financé par l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao, le Caire).

Les données relatives à l’occupation préhistorique dans le bassin de Kharga reposent, d’une part sur des prospections de surface, d’autre part sur l’analyse plus approfondie de sites apparus comme significatifs. L’occupation de ces espaces écologiquement fragiles est étroitement liée à l’évolution des conditions climatiques qui ont prévalu dans le Sahara oriental au cours des temps pléistocène et holocène, et révèle des stratégies différentes d’accès à l’eau par des populations qui, de chasseurs-cueilleurs, vont progressivement devenir pastorales. Le programme est centré sur la période Holocène, qui compte de nombreux sites de plein air fréquemment associés à des sources artésiennes maintenant fossilisées ou à d’anciennes lagunes (playa). Les nombreux restes matériels exhumés permettent de suivre toute l’évolution depuis les dernières sociétés de chasseurs-cueilleurs de l’épipaléolithique (transition 8ᵉ-7ᵉ millénaire) jusqu’à la période de l’Ancien Empire.
Du laboratoire TRACES, participe au programme Tiphaine Dachy.


Intitulé : Tell el-Iswid et les débuts de l’architecture de briques crues en Egypte
Responsables : B. MIDANT-REYNES, DR émérite, CNRS (TRACES), Directrice de l’Ifao de 2010 à 2015 ; N. BUCHEZ, Inrap, Amiens, chercheur associé UMR-TRACES.
Mission dirigée par Béatrix Midant-Reynes et Nathalie Buchez depuis 2006. Cette mission s’inscrit dans le cadre des fouilles de l’institut français d’archéologie orientale du Caire (Ifao), avec le soutien de la commission des fouilles des affaires étrangères. De 2008 à 2012, elle a fait partie de l’ANR Gezira.

La préhistoire récente de l’Egypte (du Néolithique aux premières dynasties) connaît depuis une vingtaine d’années un renouveau considérable, tant sur le plan des données (de nombreuses fouilles nouvelles) que sur celui des concepts. Durant presque un siècle, elle s’est cantonnée aux connaissances provenant des immenses nécropoles de Haute-Egypte, fouillées, pour la plupart, au début du XXe siècle. On ne connaissait du Nord que les sites néolithiques de l’oasis du Fayoum, du Delta occidental (Mérimdé Beni-Salâme) et de la région du Caire (El Omari, Maadi). Dès les années 1930, des historiens des religions s’étaient chargés d’écrire une préhistoire sur la base des textes religieux. Dans les années 1970, le dossier est repris par W. Kaiser, à partir des publications anciennes. La chronologie prédynastique est alors précisée et l’image d’une « expansion naqadienne » se fait jour. Dit de manière schématique : Les sociétés fortement hiérarchisées du Sud connaissent une expansion vers la Nubie et vers le Nord et s’imposent (par la guerre ?) sur la totalité de la vallée nubo-égyptienne, jusqu’au Levant. Dans ce schéma, les cultures encore très mal connues du Nord et du Delta apparaissent comme des sociétés agro-pastorales, de type « égalitaire », incapables de résister à la pression de leur puissant voisin.
Dans les années 1980 à 2000, la reprise de l’activité archéologique dans la région memphite et dans le Delta a apporté un nombre considérable de données nouvelles qui sont venues bousculer ce tableau dit « classique » de l’évolution des sociétés prédynastiques au 4ème millénaire. De nombreux sites, pour la plupart sites stratifiés et d’habitat, révèlent, d’une part, une ou des cultures de Basse-Egypte plus complexes qu’on ne l’avait estimé, d’autre part, l’existence d’une phase de transition qui ouvre la porte aux doutes quant à la réalité de « l’expansion naqadienne », telle que W. Kaiser l’avait conçue. L’observation de ces données a conduit certains chercheurs à proposer une interprétation nouvelle de l’évolution des sociétés nilotiques au cours du 4ème millénaire, dressant un tableau où la fameuse « expansion naqadienne » n’a plus sa place (C. Koehler). Les recherches que nous avons conduites à Adaïma, en Haute-Egypte, de 1989 à 2005 (B. Midant-Reynes, E. Crubézy et N. Buchez), puis sur le cimetière prédynastique de Kom el-Khilgan, dans le Delta, de 2002 à 2005, (B. Midant-Reynes et N. Buchez) nous ont menés à des conclusions plus nuancées, mettant l’accent sur un processus plus subtil d’acculturation, qui n’exclut pas pour autant une forme encore à préciser d’expansion naqadienne.
L’objectif des travaux conduits à Tell el-Iswid est centré sur l’étude des modes d’occupation attestés depuis le début du 4è millénaire, et leur évolution au cours du temps, en fonction de facteurs géographiques et sociaux. La phase de transition intègre, bien entendu, cette problématique. L’aspect environnemental est apparu d’emblée comme une donnée essentielle puisque l’occupation humaine, centrée sur les geziras, est étroitement liée aux fluctuations à courts et moyens termes des branches du Nil dans ce contexte deltaïque. C’est pour cette raison que les travaux menés sur ce site ont été intégrés, de 2008 à 2012, à une problématique plus large, concernant « l’homme et son environnement dans le delta oriental du Nil au 4è millénaire », objet de l’ANR-Gezira (ANR_08_BLAN_0312_01).
Tell el-Iswid s’inscrira dans le prochain quinquennal de l’Ifao (2017-2021).
Du laboratoire TRACES, François Briois participe au programme.
 


 

 

 

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