Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608 T.R.A.C.E.S

le 1 octobre 2016

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Potiers et poteries de Giroussens (XVIe-XIXe siècle)
par Jean-Michel Lassure


Ce livre est destiné aux amateurs d'art qui trouveront sans doute un grand intérêt et du plaisir dans la découverte ou la redécouverte de ces céramiques dont beaucoup témoignent d'un art populaire authentique. Les archéologues y disposeront des données leur permettant d'identifier la poterie provenant de fouilles. A mi-chemin entre Toulouse et Albi, la bourgade de Giroussens est un centre potier important de la première moitié du XVI° siècle au milieu du XIX La plupart des ateliers se trouvent dans des hameaux proches d'une vaste forêt offrant le bois nécessaire à leur activité.
L'argile provient des champs du voisinage, le sable utilisé comme dégraissant des berges de l'Agout. A l'inverse, l'engobe et les oxydes métalliques que l'on broie avec des moulins à main pour la préparation des couleurs utilisées pour le décor peint et le plomb doivent être achetés. Les céramiques utilitaires de Giroussens sont mal connues et leur typologie reste à établir. La production est en grande partie constituée par des marmites à fond arrondi mais elle comporte également des coquemars, des couvercles, des lèchefrites, des plats à barbe et des pots de chambre.
Au XVI° siècle, certains potiers semblent avoir pratiqué le sgraffito, technique décorative qui consiste à gratter une couche d'enduit avant cuisson pour faire apparaître l'argile sous-jacente. Les deux siècles suivants sont marqués par une production assez importante d'assiettes et de plats peints à la main et glaçurés. Leur décor est brun/violet et vert, couleurs obtenues respectivement à partir de l'oxyde de manganèse et de cuivre.
Le bleu à l'oxyde de cobalt n'apparaît que sur les pièces les plus soignées et probablement les plus anciennes. Le jaune à l'oxyde d'antimoine est parfois utilisé. Les ailes des plats et des assiettes de la première série sont ornées de bouquet de fleurs. Dans certains cas, un blason, celui d'une famille noble locale le plus souvent, est estampé dans la corolle de la fleur au-dessus du motif central.
L'analyse du décor peint d'une centaine de plats et d'assiettes appartenant pour la plupart aux collections du musée du Pays rabastinois a permis de réaliser un catalogue des motifs utilisés et de préciser les règles selon lesquelles ils ont été associés et organisés. Une partie des motifs est inspirée du Pays-Bas, de Delft probablement. Il s'agit le plus souvent de personnages masculins ou féminins, debout entre deux fleurs pour certains, de hiboux également accompagnés de fleurs, d'oiseaux diurnes, de bouquets de fleurs seuls ou dans un vase.
Le plus surprenant est la représentation de l'autel de la chapelle de Sainte-Ratine située dans l'église paroissiale. Les couleurs se limitent au brun et au bleu sur les plats et assiettes de la seconde série qui doit être un peu plus récente que la précédente puisqu'elle comporte une assiette portant le millésime 1736. Les hommes représentés paraissent faire également partie de la partie supérieure de la société mais les femmes appartiennent à la classe populaire : elles portent des fichus et l'une d'elles est en train de filer.
Certains plats offrent des représentations telles qu'un groupe de personnages se rendant à une fête ou allant visiter des voisins. La troisième série ne comporte que quelques pièces, dont le plus remarquable est un plat daté de 1671. II se caractérise par un décor brun et vert mais témoigne d'une simplification due à une schématisation des motifs et à leur réduction en nombre. La quatrième série, de loin la mieux représentée, est pour l'essentiel constituée par des assiettes.
Elles témoignent d'une diminution de la qualité due à une fabrication rapide pour des clients ordinaires. Les imperfections techniques sont fréquentes et le décor brun et vert est réduit à l'utilisation répétitive de motifs animaliers, floraux et géométriques tels que cercles ondés, rosaces, étoiles, rameaux nus ou feuillus, etc. Les données chronologiques provenant de fouilles archéologiques effectuées à Toulouse et sur divers sites d'Amérique du Nord, au Canada en particulier, indiquent que cette série date du XVIIIe siècle.

Editeur : Comité départemental d'Archéologie du Tarn (1 octobre 2016)
ISBN-10: 2918190195
ISBN-13: 978-2918190196

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