Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608 T.R.A.C.E.S

du 15 septembre 2018 au 16 septembre 2018

Patrimoine commun, mais patrimoine divers : le patrimoine européen illustre la réalité même de l’Europe. C’est cette réalité que l’édition 2018 des Journées européennes du patrimoine illustrera, en cette année hautement symbolique pour les anciens belligérants de la Première Guerre mondiale, désormais unis, en Europe, autour d’un passé et pour un projet communs.

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"L'art du partage", thème de cette 35e édition, résonne particulièrement en cette année 2018 déclarée « Année européenne du patrimoine culturel ».


L’Europe est mouvement


L’historien français Jacques Le Goff écrit dans sa préface du livre Visions d’Europe que « L’histoire est mouvement. Au sein de ce mouvement, l’Europe est construction. Elle se fait lentement, dans la longue durée, comme toutes les créations historiques d’importance. ».

Partager le patrimoine entre Européens lors des Journées européennes du patrimoine, c’est permettre aux citoyens de mieux comprendre ce qui les rapproche en partageant des valeurs communes historiques et esthétiques dépassant les rivalités et les irrédentismes identitaires. Ces Journées européennes du patrimoine doivent célébrer avec force la construction de la grande Europe du patrimoine, cent ans après la fin du premier conflit mondial et la chute des empires, qui a engendré une nouvelle Europe des États.

Une histoire commune en héritage

La plupart des pays européens partagent le même découpage chronologique fondamental : la Préhistoire et ses grandes périodes, l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et la période contemporaine. Dans cette chronologie partagée, la circulation des idées, des artistes et des architectes a permis la création d’un cadre de vie présentant bien des similitudes sur tout le continent européen.

Si l’existence des grottes ornées paléolithiques rassemble les Européens de l’Ouest, le mégalithisme s’inscrit dans une révolution néolithique, venue d’Orient, progressant à travers toute l’Europe ; l’émergence des villes celtes, grecques, romaines et byzantines, aux confluents des routes commerciales maritimes et terrestres puis de la ville médiévale, engendrent progressivement de grands courants artistiques et architecturaux communs à de nombreux pays européens.

L’existence de ce patrimoine et de cette culture partagée, dont la langue latine a longtemps été l’un des ferments, de l’Antiquité au Moyen Âge et jusqu’aux humanistes, constitue un fondement de l’identité européenne, et donne aux citoyens européens le sentiment diffus d’appartenir à un même monde ; leur paysage quotidien se nourrit de repères patrimoniaux communs.

Les grands courants artistiques ont débordé les frontières des États, actuels ou anciens : l’Europe paléolithique s’incarne, entre autres, dans Lascaux et Altamira, l’Europe néolithique dans Stonehenge et Carnac, l’Europe gréco-romaine dans le Parthénon, le Colisée, le Pont du Gard ou le mur d’Hadrien.

Le cœur de l’Europe carolingienne est à Aix-la-Chapelle, et l’art roman rayonne très largement sur l’Europe méridionale, de l’Espagne à la Corse, pendant que le christianisme orthodoxe se déploie sur l’Europe orientale.

Les cathédrales gothiques sont particulièrement présentes en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, puis la Renaissance s’étend depuis l’Italie. Vienne, Versailles, Rome, Prague, Rundale et jusqu’aux châteaux « néo » de Louis II de Bavière, voient s’épanouir et rivaliser splendeurs baroques et grandeur classique.

Au XXe siècle, de la Riga d’Eisenstein à la Bruxelles d’Horta ou à la Barcelone de Gaudi, et à la Vienne du Bauhaus à celle de Mallet-Stevens et Le Corbusier, l’Art Nouveau, l’Art Déco puis le Mouvement moderne marqueront à leur tour une grande partie des pays européens.
Mais cet héritage commun admet d’importantes variations régionales. Les formes architecturales, les courants picturaux ou statuaires se déclinent différemment entre les pays, en fonction des matériaux disponibles, du contexte économique et des influences politiques.

L’ardoise, la tuile, la terre, la pierre, les essences de châtaigner, les bulbes dorés, les différents types de pierre, la brique donnent leur caractère aux édifices civils et religieux des différents pays ou régions.

Ces différences se nourrissent parfois d’apports extérieurs en particulier d’Al Andalus : l’art mozarabe prolonge, en Andalousie, les vestiges du califat de Cordoue, et la présence de l’Empire Ottoman dans les Balkans imprime durablement sa marque dans le paysage. Cette architecture « importée » apporte une note orientale à certaines régions européennes.

Le thème des Journées européennes du patrimoine appelle donc à une réflexion sur ce que les éléments du patrimoine national présentent de commun, et de spécifique, par rapport au reste du patrimoine du continent.
 
Toutes les informations sur cette page : https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr/



 

 

 

 



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