Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
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Statut et usages des archives de l'archéologie


Responsables : Noël Coye (Equipe SMP3C) & Sandra Péré-Noguès (Équipe RHAdAMANTE)

Depuis quelques années, les archives de l’archéologue ont été au cœur de divers programmes de recherche au niveau national. Plusieurs de ces programmes et actions ont impliqué et impliquent des membres de TRACES, laboratoire qui a de la sorte acquis expérience et légitimité dans la thématique des archives de l’archéologie. C’est pour étoffer et structurer ces contributions, et pousser plus avant la constitution d’un objet réflexif « archives de l’archéologie », qu’est proposé aujourd’hui un projet visant à animer une recherche sur la thématique des archives de l’archéologie et pouvant prétendre, à moyen terme, fédérer de façon pérenne des centres de ressources dans ce domaine.

Introduction

Depuis un certain nombre d’années, les archives produites dans le cadre de la pratique professionnelle de l’archéologie ont été au cœur de plusieurs programmes de recherche conduits sous différentes formes et à différentes échelles. Citons le programme AREA (Archives of European Archaeology), l’ACI Archives Breuil, le programme consacré aux Archives personnelles d’Édouard et Louis Lartet, le PCR consacré aux archives Joseph Déchelette, et de façon plus ponctuelle les travaux réalisés sur différents fonds : François Bordes au SRA Aquitaine à Bordeaux, Emile Espérandieu au palais du Roure à Avignon… Des fonds particuliers ont également été l’objet de mémoires de doctorat : fonds Gabriel de Mortillet, fonds Émile Cartailhac, fonds Henry Corot… D’autres programmes ont été plus récemment initiés (archives Émile Cartailhac) ou sont en cours d’élaboration (archives Gabriel de Mortillet).


C’est dans le but de participer à la conceptualisation de l’objet «Archives de l’archéologie» que nous proposons l’organisation d’un « atelier réflexif » conçu comme un espace de réflexion ouvert à l’ensemble des membres de TRACES pouvant être intéressés et faisant également appel à des partenaires extérieurs œuvrant dans le domaine de l’archéologie, de l’histoire intellectuelle, des archives…

La réflexion conduite dans l’atelier ne se veut pas seulement historique ou théorique. Elle entend également – et même avant tout – interroger nos propres pratiques d’utilisateurs et de producteurs d’archives, puisqu’il faut bien être conscient que nous sommes tous des producteurs d’archives scientifiques par le seul effet de notre activité de recherche.

Les activités de l’atelier seront organisées suivant deux axes thématiques.


Thème 1 : Apports historiques et scientifiques des archives

Dans ce premier axe, nous nous placerons essentiellement en tant qu’utilisateurs de documents d’archives. Ceux-ci constituent aujourd’hui un type de source indispensable pour une étude historique de l’archéologie, que ce soit du point de vue des concepts, des pratiques scientifiques et de sociabilité, des acteurs et des institutions. Ils se révèlent également particulièrement pertinents pour nourrir des problématiques archéologiques et scientifiques, notamment dans le cas de reprises de fouilles ou de recherches sur des gisements et séries précédemment étudiés et constituant bien souvent des données de référence qui ont concouru à fonder la discipline archéologique et orienté durablement la recherche.

Ce premier axe pourra se développer à travers l’organisation de séminaires et/ou journées d’étude permettant de confronter et mettre en perspective des recherches personnelles ou collectives autour de thématiques et d’approches liées à certaines spécificités des archives de l’archéologie : étude des correspondances et des réseaux, valeur documentaire des fonds photographiques, apport des archives à la construction des problématiques archéologiques sur les sites de référence, apport historique à la critique des sources et de la documentation archéologiques… L’ensemble des travaux mobilisant de façon exclusive ou non des fonds d’archives et intégrant leur étude à un projet historique et/ou archéologique plus large pourront ainsi venir nourrir la réflexion méthodologique et réflexive conduite au sein de l’atelier.

 
 
Croquis de pièces lithiques et caricatures de François Bordes et Carnets de fouille normalisés des chantiers de François Bordes ; DRAC Aquitaine, fonds Bordes.


Thème 2 : Les pratiques liées aux archives


Le deuxième axe s’attachera plus particulièrement à une réflexion sur les pratiques de collecte et de conservation des archives scientifiques. Celles-ci posent en effet des problèmes particuliers en matière d’exploitation et de conservation qui dessinent les contours d’un chantier méthodologique important restant à mettre sur pied. Contrairement aux archives administratives et institutionnelles dont les circuits de collecte et de conservation sont parfaitement balisés par un cadre réglementaire, les archives scientifiques – au statut intermédiaire entre archives publiques et privées et entre documents administratifs et œuvres de l’esprit – connaissent presque toujours des parcours erratiques qui nuisent bien souvent à l’intégrité des fonds et par là même à leur pouvoir informatif.

Ce deuxième axe proposera de développer une réflexion commune et transdisciplinaire avec des gestionnaires de fonds, archivistes, documentalistes…, afin de développer une réelle culture de l’archive au sein de notre communauté des archéologues. En tant qu’archéologues, nous n’avons en effet pas vocation à gérer des archives ; il importe toutefois d’intégrer à nos pratiques un cadre général permettant de les utiliser au mieux tout en respectant leur intégrité. Les activités conduites dans le cadre de ce deuxième axe pourraient prendre la forme de séminaires interdisciplinaires et interinstitutionnels. Leur but pourrait être de mettre au point un cadre éthique et méthodologique pour l’utilisation des archives de l’archéologie. Il s’agira ici de confronter les besoins et méthodes des différentes approches disciplinaires avec la nécessité de conserver l’intégrité des fonds dans leur diversité.

D’autre part, cet axe pourra avoir des applications pratiques en constituant un lieu de réflexion pour définir quel rôle TRACES pourrait jouer dans la mise en place d’un réseau de centres de ressources en archives de l’archéologie.
Le point de départ pourrait être constitué par une enquête concernant la situation d’archives de collègues membres de l’UMR, récemment partis à la retraite ou devant partir dans les années à venir, et demandeurs d’un lieu d’accueil pour leurs archives scientifiques. Ce chantier consacré aux archives des chercheurs sera à conduire par référence et en complémentarité avec des réalisations existantes (Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Toulouse (MSHS-T) ou USR 3225 - Service des archives de la Maison Archéologie et ethnologie René-Ginouvès à Nanterre).

 
Conditionnement d'origine d'un lot d'archives Bordes au moment de leur versement ;
DRAC Aquitaine, fonds Bordes.


Objectifs : un réseau de collaborations

Par sa dimension réflexive, l’atelier « Statut et usages des archives de l’archéologie » fera une grande place à la question de l’apport des archives aux travaux des archéologues dans une démarche où questionnements sur l’histoire de la discipline et mise au point des problématiques archéologiques s’interrogent et se nourrissent mutuellement. Coordonné par deux chercheurs appartenant à des équipes différentes de TRACES, il a vocation à fédérer autour de ces questions les chercheurs provenant de l’ensemble des équipes, sans distinction de période ni d’aire géographique. Cette réflexivité doit également être enrichie par une grande diversité d’approches appliquées à cet objet de connaissance que constituent les archives de l’archéologie. C’est pourquoi, il est primordial de mettre en place un large réseau de collaborations interdisciplinaire et interinstitutionnel.

Plusieurs partenaires ont déjà donné un accord de principe pour réfléchir avec nous sur ces thématiques ; il s’agit par exemple de la Mission Archives du ministère de la Culture et de la Communication (Vincent Bouat) ou du Centre national de préhistoire (Geneviève Pinçon). D’autres partenaires sont identifiés et seront contactés dès que le périmètre exact de l’atelier sera défini afin de leur présenter un programme cohérent. La liste ci-dessous n’est donc qu’indicative et constitue avant tout une typologie des partenaires potentiels.

Nous pouvons notamment mentionner :

- les Archives nationales, et plus particulièrement la Section des archives privées,
- plusieurs fonds d’archives départementales détenant des fonds d’archéologues ;
- la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine à Charenton ;
- la bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle à Paris ;
- des institutions muséales dont les bibliothèques conservent des fonds de même type : MuCEM à Marseille, musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye, musée d’Aquitaine à Bordeaux ;
- les détenteurs de fonds privés et familiaux, tels que la famille Bégouën ;
- les services dépendants du CNRS et/ou des universités tels que la Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Toulouse ou l’USR 3225 - Service des archives de la Maison Archéologie et ethnologie René-Ginouvès à Nanterre.

Actions pour initier l’atelier

Conçu comme un projet réflexif, interdisciplinaire et interinstitutionnel, l’atelier « Statut et usages des archives de l’archéologie » est appelé à se développer en plusieurs étapes, constituées d’actions de natures différentes : séminaires et journées d’étude, élaborations d’outils méthodologiques, actions de sensibilisation et de formation, collecte et numérisation, mise en place d’un réseau et, le cas échéant, d’une structure d’accueil des fonds physique ou virtuelle…

Les activités de l’atelier seront inaugurées par une journée d’étude (octobre 2015) réunissant un échantillon représentatif d’acteurs directement concernés. Cette journée explorerait les deux axes structurant l’atelier en mettant en perspectives pour chacun d’entre eux études de cas et/ou réalisations existantes avec une réflexion prospective afin de dégager des pistes de recherche pour définir le périmètre et les étapes ultérieures de développement de l’atelier.

Bilan du premier atelier - 23 octobre 2015

Bilan du deuxième atelier - 25 mars 2016

Bilan du troisième atelier - 25 novembre 2016


 


 

 

 

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