Travaux et Recherches Archéologiques
sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés
UMR 5608

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Le projet scientifique

TRACES_Axe2_Grottes_Pyrenees_Griffades-ours-cavernesLa diversité des sources documentaires a imposé une spécialisation disciplinaire au sein du champ historique avec comme point original la mise en œuvre de l'outil archéologique. L'étendue de notre champ de recherche, fruit d'incitations successives au regroupement, a constitué un point faible de l'acte originel de conception de l'Unité. Ce défaut est devenu au fil des exercices un réel atout car il inscrivait de fait au cœur de l'Unité la diachronie sur la très longue durée et donc une forme d'histoire naturelle dont une des originalités est de prendre en compte l'instabilité généralisée des systèmes « maillant » l'activité humaine.

La revendication d'une approche commune des temps anciens au travers de la démarche archéologique a constitué pendant un temps et de manière formelle la substance de notre identité d'équipe. Elle ne recouvrait que très imparfaitement nos diversités et ne permettait pas réellement de dégager un thème générique de réflexion, commun à tous les membres de l'Unité. Il est à noter que l'immersion de ce défaut dans une démarche élargie à la totalité du champ historique (toutes spécialités et époques confondues), ainsi que l'idée en a été émise, n'aurait rien changé au problème, au contraire. Elle aurait eu à terme pour conséquence néfaste de faire de l'archéologie une discipline annexe de l'histoire, ce qui peut se concevoir lorsque les sources écrites sont dominantes mais certainement pas, à moins d'adopter des positions depuis très longtemps dépassées, lorsque ces dernières ne sont plus que parcellaires, indirectes ou inexistantes. Les sources littéraires sont dès lors secondaires et ne représentent plus au mieux qu'une des contributions nourrissant la convergence documentaire qui fait de l'archéologie une discipline à part entière pour la connaissance du passé humain.

TRACES_Axe2_OP2_Tondo-Banda_Gravures_Cheval-EliasLe choix de l'INEE comme opérateur de recherche effectué en mai 2009, est une réponse à la fois à des orientations de programmes et à l'utilisation optimale de compétences rares dans une équipe d'archéologie. Cette prise de risque relative, a l'ambition d'inscrire notre pratique dans une archéologie qui n'assujettit aucune discipline à une autre et qui, au contraire, cherche à établir la transdisciplinarité et les conditions, y compris matérielles, de celle-ci. L'histoire du passé de l'Homme dans ses divers cadres de vie, et tout particulièrement l'analyse des témoins matériels qu'il a générés dans la totalité de ses activités, se fait aussi par l'intermédiaire d'équipements et de plateformes technologiques complexes, en collaboration étroite avec des spécialistes issus d'horizons scientifiques très différents. Le progrès des connaissances implique de savoir recueillir et synthétiser les données nouvelles, de rechercher de nouveaux axes d'approche et donc de savoir mettre en place les principes intellectuels et matériels du dialogue interdisciplinaire.

Quoi qu'il en soit dans le détail des orientations des divers chercheurs (quaternaristes, archéologues en milieux arides ou équatoriaux, archéologues en milieu montagnard, archéologues des déserts et des oasis, archéologues des milieux ruraux et urbains, archéologues des terroirs et des territoires, archéo-zoologues, spécialistes de l'histoire des techniques, technologues expérimentateurs des époques préhistoriques et historiques, chimistes, géochimistes, naturalistes ... ), les diverses équipes de l'Unité (axes et autres groupes constitués) ont toutes et pareillement vocation à œuvrer, de conserve et sans exclusive, à la construction collective d'une pensée globale sous la forme d'un discours généralisé inscrit dans le temps et dans l'espace, cohérent et critique, sur les rapports de l'Homme et de son environnement, y compris -et au premier chef- celui qui est constitué par lui-même.

L'atout, rare, de notre Unité TRACES_Axe5_Metal_Goutte-orréside en réalité bien moins dans les réelles habitudes de pluridisciplinarité établies entre préhistoriens et « environnementalistes » ou par les « historiens et archéologues du Métal » auprès notamment des physiciens, chimistes, géologues ... , même si ces collaborations sont vitales pour eux, que dans la possibilité, qui fait notre force, de pouvoir adapter la réflexion collective et nos actions aux contraintes de la très longue durée du « phénomène humain » et aux particularités de l'oekoumène. Les contributions à cette œuvre exaltante s'établissent et s'établiront selon les spécificités documentaires de chaque contexte d'étude et sans autre limite que celle imposée par les sources, quelle qu'en soit la nature.

Afin de favoriser la lisibilité de la recherche conduite par l'Unité, la réflexion globale tend à s'organiser selon 3 orientations principales  «  Hommes et le Milieu », « Dynamiques économiques et sociales »,  « Identités et l'identification des groupes culturels », conçues comme cadres de réflexion pouvant structurer à terme l'ensemble
des activités du laboratoire. Les entités productrices de connaissances restent cependant à ce jour les axes (ou équipes) tels qu'ils sont identifiés ci-après.

L'axe 1 «  Sociétés et milieux des populations de chasseurs-cueilleurs-collecteurs » a pour ambition de participer à la réflexion générale sur le rôle des déterminismes ayant pesé sur l'évolution des sociétés humaines avec pour objectif majeur de faire la part entre mutations internes et les influences imposées par le milieu extérieur.

L'axe 2  « Centre de Recherche et d'Etude pour l'Art Préhistorique - E. Cartailhac (CREAP) » inscrit son action dans  4 thèmes principaux : art paléolithique d'Europe occidentale, l'archéologie des grottes et abris ornés, art de la Préhistoire finale et de la Protohistoire, méthodes d'études des arts rupestres et mobiliers.

L'axe 3 « Sociétés et cultures du Néolithique et du début des Ages des Métaux » maintient une grande diversité thématique sur le Néolithique et les débuts de l'Age du Bronze des régions circumméditerranéennes, avec pour secteurs privilégiés, le Midi de la France, l'Egypte, Chypre. De nouvelles ouvertures, notamment en Syrie sont prévisibles.

TRACES_Axe4_Logo-axe4L' axe 4 « Protohistoire & Mondes anciens : cultures et sociétés » fait porter son intérêt sur les époques cruciales pour l'étude de l'émergence ou l'affirmation de structures socio-économiques étatiques. L'étude des divers types de dynamiques évolutives requiert de croiser les approches et de dépasser les clivages géographiques, chronologiques et culturels, académiques ou artificiels (Protohistoire récente / Antiquité ; Europe tempérée  / Méditerranée ; campagnes / villes...). Les travaux relatifs à la Protohistoire et à un grand Sud-Ouest resteront un pilier essentiel des activités de l'équipe aux côtés des préoccupations sur le fait urbain, sur la religion, sur l'orfèvrerie...

L'axe 5 « Histoire et Archéologie du Métal » privilégie une approche diachronique pour contribuer à l'histoire socio-économique et technique, principalement entre les âges des métaux et l'antiquité gréco-romaine. Ses principaux programmes structurants portent sur la métallurgie du fer et sur les productions de métaux précieux en Gaule, en Espagne, en Roumanie et en Grèce, avec 3 thèmes principaux « Mines et Métallurgies »,  « procédés métallurgiques et du travail du métal » et « origine des ressources métallifères ». L'équipe ambitionne de créer un véritable Pôle pluridisciplinaire sur les « Arts du Feu » (sciences humaines, sciences de la terre et de l'environnement, sciences physiques et chimiques).

L'axe 6 « Villes et agglomérations, TRACES_Axe6_Logoterroirs et territoires » poursuit ses programmes en cours  sur les villes antiques et de leurs terroirs (Eauze, Cahors, Saint-Lizier-en-Couserans) et fait apparaître de nouvelles préoccupations (Peintures murales antiques et iconographie ; archéologie agraire ; exploration des voies et ressources naturelles du milieu montagnard).

L'axe 7 « TERRAE : Archéologie et histoire des sociétés médiévales méridionales » s'inscrit dans la continuité et le dynamisme des actions initiées avec 5 programmes : « Gaule du Sud », « Anthropologie des sociétés féodales », « Genèse et transformation de l'habitat », « archéobotanique et le milieu montagnard » et un programme émergent sur les « Modélisations des dynamiques spatiales et des réseaux sociaux ».

Plusieurs « thèmes transversaux » contribuent à établir de manière concrète une véritable culture de laboratoire. Ils rassemblent les chercheurs de l'Unité autour de réflexions et d'études notamment sur la « science des matériaux culturels - caractérisation et recherche », sur l' « archéologie expérimentale », sur l' « archéologie africaine ».

TRACES_Logo_Axe7Considérés d'abord pour eux-mêmes et en fonction des finalités évidentes et immédiates de chacun des axes et des programmes qui les structurent, les résultats de ce projet participeront pour leur part à l'étude historique des interactions entre l'Homme et son milieu. Cette contribution, essentielle pour la mise en perspective des conditions de vie actuelles et des problèmes qu'elles suscitent, ne peut être conçue et développée qu'en fonction des terrains directement concernés par ce que nous considérons comme le champ d'exercice d'une recherche archéologique et historique fondamentale. La force de l'Unité réside dans la nature de travaux répartis dans le temps et l'espace au sein de biotopes et de contextes chronologiques et sociétaux divers. Pour TRACES, en ce sens et « ici encore, l'histoire apparaît comme une pédagogie, le terrain d'exercice et l'instrument de notre liberté » (H.-I. Marroux. 1954. De la connaissance historique. Editions du Seuil).

Michel Barbaza
Le 30 septembre 2009.


 

 

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